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Ando HIROSHIGE

HIROSHIGE:un des maîtres de l'estampe japonaise.
Contactez-moi par email si vous désirez des informations sur une estampe, son authenticité, sa valeur. Dans la mesure de mes capacités, je répondrai à vos interrogations. Vivre seulement pour l'instant, contempler la lune, les cerisiers en fleurs et les érables rouges; chanter des airs, se divertir et se laisser flotter comme la gourde au fil de l'eau.

Asaï Ryoï
Le Dit du Monde flottant 1661
Photo 1 of 26
May 21

Célèbres Vues de la Capitale de l'Est. Editeur Kikakudo/Sanoki. ( 1833-43 )

TOTO MEISHO
 
Peu de temps après la publication du " Grand Tokaïdo", arrive une remarquable série de vues d'Edo dans un format identique et dont le nombre n'a pu être établi exactement. La réalisation de cette série s'étend sur une période de dix ans de 1833 à 1843. Les premières éditions portent la marque de l'éditeur Kikakudo en rouge avec le kiwame "parfait" au dessus. Le titre de la série se trouve en dehors de la marge dans un cartouche verticale et dépassant la bordure supérieure de l'estampe. La signature d'Hiroshige est celle de sa période intermédiaire. Les éditions suivantes portent toutes la marque Sanoki, nom fourre-tout dérivé du nom Sano-ya Kihei mais les deux noms, Kikakudo et Sanoki, représentent la même maison d'édition. La marque Sanoki peut-être soit rouge ou noire et la signature d'Hiroshige est celle de sa dernière période.
Dans cette série d'estampes, Hiroshige dépeind Edo et ses environs sous toutes ses formes. Rues désertées ou bondées, festivals de l'eau, vues de floraisons, temples, pluie et beau temps, nuit et jour, un panorama magnifique de la vie et la beauté de la capitale shogunale dans la dernière phase de son existence sous l'ancien gouvernement avant qu'incendies, tremblements de terre et réformes de l'ère Meiji ne changent à jamais cette ville qu'Hiroshige aimait tant et peignait si bien. Cette série est surement une de celles dont l'uniformité de la qualité des dessins est des plus excellentes.
 
Format Oban Yokoye. Horizontale 39cm x 26cm
October 15

Célèbres Vues de la Capitale de l'Est. Editeur Kawaguchiya Shozo. ( 1831-32 )

TOTO MEISHO
 
Intéressons nous maintenant à la première série d'estampes connue d'Hiroshige: les célèbres vues de la capitale de l'est c'est à dire Edo, publiée en 1831-32 par Kawaguchiya Shozo ( Kawa-Sho ).
 Plus de cinquante séries représentant Edo, outre les huit séries les plus connues dont celle-ci, ont été identifiées comme ayant été réalisées par Hiroshige.
 Edo n'était pas seulement la ville natale d'Hiroshige et le centre de ses activités mais également celui de toute l'industrie de l'estampe au Japon. Probablement cet art artisanal ne trouvait pas l'atmosphère aristocratique de Kyoto favorable à son développement. La suprématie d'Edo était donc indiscutable. Siège du gouvernement et de la vie nationale, elle attirait chaque année les "Daimyo" de tout le pays accompagnés de leurs suites. Serviteurs, porteurs et population de la ville constituaient ainsi le principal soutien à l'industrie de l'estampe.
Cette série de dix estampes est considérée comme l'indiscutable  première tentative d'Hiroshige dans la représentation de paysages. Elle est reconnaissable par l'étroite bordure arrondie à motifs décoratifs et est caractérisée par la couleur rouge des nuages dans le ciel de chaque estampe. Le titre et le sous-titre sont inscrits sur l'estampe alors que le nom et l'adresse de l'éditeur se trouve à l'extérieur. 
 
Format Oban Yokoye. Horizontale 39cm x 26cm
August 08

Lutte entre montagnes et mers. Editeur Yamada-ya. ( 1858 )

SANKAI MITATE ZUMO
 
Une inhabituelle série de 20 estampes imprimées par Yamada-ya à l'automne 1858, 10 représentant des paysages de côtes et de mers et 10 représentant des montagnes. Le titre est inscrit dans le coin supérieur droit sur un éventail comme ceux utilisés par les arbitres des combats de sumo. Cette série doit être la dernière qu'Hiroshige a vu terminée puisqu'il est mort ce même automne ce qui en fait la dernière imprimée de son vivant et lui confère un intérêt plus sentimental qu'artistique quoi qu'il y est des planches très réussies dans cette série.
 
Format Oban yokoye. Horizontale 39cm x 26cm
June 12

Les Six Rivières Tama. Editeur Marukyu. ( 1857 )

GINSEKAI TOTO JU-NI-KEI

Cette deuxième série des six rivières Tama, de format vertical, fut publiée par Marukyu en Novembre 1857 soit un an avant la mort d'Hiroshige et est une des plus belles réalisations de l'artiste dans ce format, notamment le clair de lune de la planche " Kimuta Tamagawa " qui est une des pièces maîtresses dans l'art de produire le plus bel effet avec les moyens les plus simples; et de tous ses clairs de lune, celui-ci est surement le meilleur.

Marukyu qui édita également nombre d'estampes de la série " Oiseaux et Fleurs " et l'exquise série " Edo pendant les quatre saisons " est certainement à l'origine de cette si délicieuse phase du travail de l'artiste.

Format: Oban Tate-e. Verticale 39 cm X 26 cm

Les Six Rivières Tama. Editeur Tsutaya. ( 1835 )

GINSEKAI TOTO JU-NI-KEI

Une autre série d'estampes ne doit pas être oubliée, celle inspirée par les paysages et les légendes des Six Rivières Tama ( Tamagawa ). Le nombre de vues de cette série est de six correspondant aux six rivières de même nom dans différentes provinces du Japon.A chaque estampe un poême ancien est associé. Cette série horizontale éditée par Tsutaya en 1835 est également appelée Sho-koku Mutsu Tamagawa ( 6 rivières de cristal de différentes provinces ) comme inscrit dans le cartouche rouge situé en dehors de la marge sur chaque estampe. Il faut ici expliquer que cette série est appelée Mutsu Tamagawa et non Roku ( le mot "six" en japonais ) car Mu est l'ancien nom pour six et est utilisé ici car Mutsu est aussi le nom d' une des provinces des rivières Tama. Cette rare série est de très belle qualité et fut suivi par une autre de format vertical, publié en 1857 et dont je vous parlerai dans mon prochain article.

Format Oban Yokoye. Horizontale 39cm X 26 cm.

 

May 19

Huit vues des environs d'Edo. Editeur Kikakudo ( Sanoki ). ( 1837-38 )

YEDO KINKO HAKKEI NO UCHI

A l'instar de la série Omi Hakkei ( huit vues d'Omi ), considérée comme une des oeuvres majeures d'Hiroshige, cette série pleine de sérénité fut réalisée à la demande de Tahaido, un célèbre poête de cette époque, qui voulait laisser, au générations futures, ses poêmes, ainsi que ceux de ces amis, inscrits sur des peintures. Pour cela, Tahaido commanda à Hiroshige de dessiner des sites propices à la poésie  qu'ils avaient choisi et les fit imprimer par Kikakudo spécialement pour leur usage personnel. Ces dessins se révèlèrent tellement plaisants que Kikakudo reçut la permission de Tahaido de les reproduire pour le grand public mais en ne mettant qu'un seul vers au lieu de trois ou quatre sur la version privée. Inutile de préciser que cette série est très rare et représente une oeuvre de première qualité.

Format: Oban Yokoye: Horizontale 39cm x 26cm

Huit vues d'Omi. Editeurs Hoeido et Yeisendo. ( vers 1834 )

OMI HAKKEI-NO UCHI

Voici les célèbres huit vues des bords du lac Biwa imprimées par Hoeido et Yeisendo vers 1834. Sur chacunes des planches, on trouve le titre de la série et à côté le sous-titre et un poême. Pour chaque planche, Hiroshige a su restituer parfaitement l'esprit du poême dans le dessin. La renommée de cette série tient à l'extraordinaire qualité poétique inspirée à la composition et au sentiment de paix et de quiétude qui ressort de certaines planches au même titre qu'une autre série: Huit vues des environs d'Edo à laquelle je vais également consacrer un article.

Format Oban Yokoye: Horizontale 39cm x 26cm

May 15

36 vues du mont Fuji. Editeur Tsutaya. ( 1858 )

FUJI SANJU ROKKEI

Deux séries des 36 vues du mont Fuji ont été dessinées par Hiroshige. J'ai hélas peu d'informations sur la pemière série qui dâte de 1852 et fut éditée par Sanoki et de format Oban Yokoye. La seconde série fut imprimée fin 1858 par Tsutaya et est de format vertical Oban Tateye. Sur la page de titre, publiée en complément de la série, figure une préface écrite par Shentei Shumba dans laquelle se trouve un passage très interessant. Il est écrit: "Un jour Hiroshige vint chez l'éditeur avec une série de 36 vues du mont Fuji, lui dit que c'était sa dernière oeuvre et lui demanda de les graver. C'était le début du dernier automne et à la fin de celui-ci il mourut." Les mots d'Hiroshige ont une vérité prophètique imprévue car il ne voulait pas voir cette série achevée. En effet la crudité de certaines planches était manifestement le travail de son élève Hiroshige II.

La première impression de cette série de 1858 fut imprimée avec beaucoup d'attention en commémoration d'Hiroshige et prend ainsi une place élevée dans les différentes séries verticales dessinées par le maitre.

Format Oban tateye. Verticale 39 cm x 26 cm.

Vous trouverez dans la rubrique "Photos" l'intégralité de cette série.

 

May 13

100 célèbres vues d'Edo. Editeur Uoya Eikichi. ( entre 1856 et 1858 )

MEISHO YEDO HIAKKEI

Enorme série de 119 planches où Hiroshige déploie à la fois le meilleur et le pire de son art. Il considérait que cette série était son oeuvre majeure malgré la piètre qualité de quelques unes de ces planches. Les quatres saisons à Edo sont ici réprésentées: 42 planches pour le printemps, 30 pour l'été, 23 pour l'automne et 22 pour l'hiver. Une série complète se trouve au British Museum.

Certaines de ces planches sont parmis les plus connues de l'oeuvre de Hiroshige. On retrouve: "Ohashi no yudashi" averse soudaine à Ohashi et "Asakusa Kinryusan" sanctuaire d'Asakusa sous la neige et sa lanterne de papier. 

Imprimée entre 1856 et 1858 par Uoya Eikichi ( Uwoyei ), elle est de format Oban Tateye: verticale 39cm x 26cm.

Vous trouverez dans la rubrique "Photos", l'intégralité de cette série.

Célèbres vues d'environ 60 provinces. Editeur Koshihei. ( entre 1853 et 1856 )

 DAI NIPPON ROKUJU-YOSHU MEISHO ZUYE

Cette série ambitieuse de 69 planches ( 70 avec la page de titre ) fut publiée par Koshimura Heisuke ( Koshihei ) entre 1853 et 1856 et présente comme particularité de regrouper, en plus de la signature d'Hiroshige, le cachet de l'éditeur, celui du graveur ( chose rare ) et les cachets des inspecteurs de la censure.

En raison du grand nombre de planches, il n'est pas étonnant d'en trouver de qualités diverses et ce en grande partie du fait qu'Hiroshige n'a pas visité nombre de ces provinces mais s'est inspiré des dessins d'autres peintres, les adaptant ainsi à son imagination. Mais les planches réprésentant les côtes, lacs et rivières sont parmis les plus belles au détriment des paysages intérieurs. Cette série est remarquable pour ses dégradés de couleurs, particulièrement pour les représentations de roches et de montagnes.

Format Oban Tateye: verticale 39cm x 26 cm

Vous trouverez dans la rubrique "Photos" l'intégralité de cette série. 

La route du Kisokaïdo

KISOKAÏDO ROKUJU TSUGI

La route du Kisokaïdo va de Edo à Kyoto mais au travers des montagnes du centre ce qui en fait un trajet beaucoup long ( 542 kms ) et surtout intérieur pour relier ces deux villes.

Hiroshige et Eisen vont réaliser une série de 70 planches ( 23 par Eisen et 47 par Hiroshige ) représentant les différentes étapes de cette route. Elle sera publiée entre 1834 et 1842 et éditée par Hoeido pour la première partie et par Kinjudo pour la seconde. Les éditions postérieures seront elles toutes réalisées par Kinjudo. Elle est de format Oban Yokoye: horizontale 39cm x 26cm

Malgré que cette série comprenne 15 planches de très bonne qualité, la majorité des planches n'est pas très intéressante et cette série à souffert des nombreuses réimpressions facilement identifiables et dont les couleurs sont fades. Encore une fois seule les premières impressions réalisées par Hoeido sont à rechercher et à collectionner.

May 12

Les 53 Stations du Tokaïdo. Edition Tate-e. Editeur Tsutaya ( 1855 )

TOKAÏDO GOJUSAN TSUGI MEISHO ZUYE

Il existe 11 séries différentes des 53 Stations du Tokaïdo, je vous en ai déjà présenté 4 et voici maintenant une cinquième qui date de 1855 soit trois années avant la mort d'Hiroshige. Cette série connue sous le nom de Tokaïdo vertical ou Tate-e est également une des plus soumises à la vue des amateurs. Il va sans dire que seules les impressions de la première édition seront à collectionner, les autres seront sans valeur si ce n'est leur caractère esthétique.

Elle est de format Oban Tateye: vertical 39cm x 26cm éditée par Tsutaya en 1855.

Je ne vais pas volontairement mettre dans ce blog les 6 autres séries des 53 Stations du Tokaïdo car il n'y aurait plus de place pour les autres oeuvres d'Hiroshige. Sachez seulement que ces 6 autres séries ont pour noms:

Tokaïdo Gojusan Tsugi. Edition Aritaya. ( 1844-48 )

Reisho Tokaïdo. Editeur Maruseï. ( vers 1850 ) Format Oban yokoye 39 cm x 26 cm

Jimbutsu Tokaïdo. Editeur Muraichi. ( 1852 ) Format Chuban tateye 28 cm x 20 cm

Tokaïdo Gojusan Zuye. Editeur Fujikei. ( 1852 ) Format Oban Yokoye 39 cm x 26 cm

So-Hitsu Gojusan Tsugi. Editeur Maruya Kishiro. ( 1857 ) Format Oban tateye 39 cm x 26 cm

Tokaïdo Harimaze Zuye. Editeur Ibasen. ( vers 1852 ) Format Oban tateye 39 cm x 26 cm

 

Les 53 Stations du Tokaïdo. Hodogaya Tokaïdo. Editeurs Ibasen, Ibakiu et d'autres.( milieu des années 1840 )

TOKAÏDO GOJUSAN TSUGI HODOGAYA

Cette série fut réalisée par Hiroshige, Kuniyoshi et Kunisada ( qui signe ici Toyokuni ). Les histoires de fantomes et les légendes étaient des sujets très populaires c'est pourquoi cette série représente des illustrations d'histoires de fantomes ou de légendes associées à chacunes des stations de la route du Tokaïdo.

Hiroshige a contribué à une vingtaine des dessins de la série, les autres ont été réalisés par Kuniyoshi et Kunisada. Cette série compte 64 dessins et est de format Oban Tataye: verticale 39cm x 26 cm.

Les 53 Stations du Tokaïdo. Gyosho Tokaïdo. Editeur Yetatsu ( 1841-42 )

TOKAÏDO GOJUSAN TSUGI

Connue comme l'édition Gyosho, du style d'écriture dont le nom est écrit sur chaque peintures, cette édition fut éditée par Yetatsu entre 1841 et 1842 puis par Yamadaya pour la seconde édition. Elle est de format Aiban Yokoye: horizontale 33cm x 22cm.

Les 53 Stations du Tokaïdo. Kyoka Tokaïdo. Editeur Sanoki ( fin des années 1830 )

TOKAÏDO GOJUSAN TSUGI ( KYOKA TOKAÏDO )

Cette série publiée par Sanoki à la fin des années 1830 est également appelée édition Kyoka du fait de la présence sur chaque peinture d'un petit poême comique ( kyoka ). Elle est de format Chuban Yokoye: horizontale 28cm x 20 cm.

Les 53 Stations du Tokaïdo. Editeur Hoeido ( 1831-34 )

TOKAÏDO GOJUSAN TSUGI-NO UCHI

Vous trouverez dans la rubriques photos la première série des 53 stations du Tokaïdo publiée entre 1831 et 1834 par Hoeido. Cette série, également appelée le "Grand Tokaïdo" pour la distinguer des autres et plus tardives séries est considérée comme la meilleure réalisée par Hiroshige.

Son format est Oban Yokoye c'est à dire horizontale et de dimensions environ 39cm x 26cm. 

Vous trouverez  toutes les représentations de la série dans la rubrique "Photos", chose que je ne ferais pas pour les autres séries des "53 stations du Tokaïdo" où je ne mettrai que quelques représentations car l'espace de stockage ne me permettrait plus de vous offrir d'autres magnifiques estampes tant est immense l'oeuvre d'Hiroshige.

Hiroshige: sa vie, son oeuvre.

Hiroshige est l'un des derniers maîtres dans la tradition de l'Ukiyo-e. Le charme de cet art unique a conquis le monde avant même que ne s'ouvrent les ports de l'archipel et que le Japon ne devienne la puissance que l'on sait. Ce genre, qui a valu à Hiroshige le plus clair de sa célébrité, aura marqué toute une époque, fournissant à la nouvelle classe dominante d'Edo ( Tokyo ), d'Osaka et de Kyoto, entre le XVIIe et le milieu du XIXe siècle, à la fois gravures sur bois et libres peintures utilisées tour à tour comme cartes de voeux, illustrations d'ouvrages, décorations murales.

L'Ukiyo-e peut se traduire à peu près par " images du monde flottant ". Selon la pensée boudhique, le cycle de la vie quotidienne et sa suite de plaisirs terrestres ne sont rien que mirages: images qui s'offrent un beau jour, pour s'effacer le lendemain, aussi fuyantes que les nuées. Ce sont elles que s'emploient à capter les premiers graveurs sur bois, qui trouvent leurs sujets dans la simple réalité: gens du peuples, acteurs populaires, courtisans. Prenant leurs distances par rapport aux modèles du paysage chinois, ils vont inventer un art qui leur est propre: car c'est le spectacle intime de leur existence, que les japonais découvrent d'abord dans les Ukiyo-e, stylisé sans doute, mais surtout vivant.

En 1797, quand naît Hiroshige, l'Ukiyo-e était une forme d'art florissante. Dès ses seize ans il se met à l'école d'un maitre: Toyohiro. A la mort de celui-ci en 1831, il fut demandé à Hiroshige de succéder au maître sous le nom de Toyohiro II mais il refusa poliment, préfèrant poursuivre une vie indépendante. Son style, qui ne tarde pas à s'affirmer, culminera dans le paysage, en particulier avec la célèbre série des Cinquantes trois stations du Tokaïdo ( la route entre Edo et Kyoto ). Hiroshige travaillait surtout à reproduire la nature ou ce qu'il avait vu durant ses voyages. L'estampe de paysages était aussi un moyen pour tous les japonais venus vivre en ville de se remémorer les campagnes qu'ils avaient quitté et c'est ce qui fit une grande partie de leur succès.
La force de Hiroshige n'est pas dans la puissance, mais dans la justesse et la spontanéité de la vie. Si Hiroshige ne cherchait pas à comprendre scientifiquement la structure des choses, il en percevait l'unité et la globalité. Peut être était il en cela plus proche de la connaissance traditionnelle, héritée de la Chine, où l'homme occupe une place inaliénable. Dans toutes les estampes d'Hiroshige, "l'humain" est présent: voyageurs étonnés, pressés, hilares, harassés sur les routes, ou groupes agités. Hiroshige, au fil des ses voyages notait et faisait des croquis de tout ce qu'il voyait et même le temps qu'il faisait pour chaque jour. Sans apprêt, Hiroshige se révêle tel qu'il est : un homme simple, un artisan, qui vit avec ceux de sa caste et s'adresse à eux sans emphases, avec vérité. Il sut répondre au désir du peuple qui aspirait à la liberté et au voyage.

La préoccupation constante de l'art de l'estampe est le jeu de l'éternel et de l'éphémère, perçu dans la vie quotidienne ou dans les paysages familiers. Hiroshige abordait la nature par les interminables chemins sur lesquels il avait longtemps voyagé. Sa connaissance des reliefs, des lointains, de la lumière, des saisons, des rencontres est d'ordre physique, sensoriel. Le climat, l'atmosphère relèvent du souvenir, de l'interprétaion, de l'impression, de la sensibilité. Hiroshige à une perception individuelle à l'échelle humaine du paysage. Il voyage en fait comme un poête.
Si les spécialistes estiment que son art, sur la fin, fléchit parfois tandis que croît sa popularité, tous sont d'accord pour affirmer qu'entre 1830 et 1858, date de sa mort, il donne quelques-unes des plus belles estampes que le Japon est jamais produites.

En 1845, après la mort de son fils, il adopte selon la tradition son disciple, Shigenobu, lequel épousera, comme il se devait, la fille de son maitre et deviendra Hiroshige II. A l'age de cinquante ans, Hiroshige se fait novice dans le clergé boudhiste et prend le nom de Tokubei. Cette décision, assez courante pour un artiste-samouraï, ne nuira en rien à son art, désormais voué surtout aux paysages, aux vues de sites célèbres: c'était ce que lui réclamait le public et ce que son atelier, qui compta jusqu'à dix-huit élèves, était le mieux habitué à produire.

C'est le choléra qui aura raison de lui, le 6 Septembre 1858. On l'enterrera dans l'enceinte du temple zen du Togaku-ji à Asakusa. Hiroshige sut ménager son départ et son "poême de mort" fait la juste part entre émotion et ironie.

                                A Azuma je laisse mon pinceau et m'en vais

                                Contempler au pays du Soleil couchant

                                D'autres fameux paysages.

 

Introduction

Cet espace est dédié à Hiroshige, maitre de l'estampe, né en 1797 et décédé à l'automne 1858.

Je ne prétends pas ici vous offrir la totalité de l'oeuvre d'Hiroshige mais juste un aperçu de ses oeuvres majeures et d'autres moins connues mais toutes aussi intéressantes. Etant moi même collectionneur et ayant la chance de posséder des estampes originales d'Hiroshige, je me propose, à travers ce site, de vous faire partager ma passion et ma connaissance de l'artiste et de son oeuvre. Vos commentaires, vos avis, vos questions seront les bienvenus et je tacherai dans la mesure du possible de vous répondre. Si également, vous aussi vous possédez des oeuvres d'Hiroshige et si vous doutez de leur authenticité ou désirez des informations les concernant, n'hésitez pas à les scanner et me les envoyer par mail. J'essayerai de vous renseigner au mieux de mes capacités.

L 'art de l'estampe n'est pas seulement le fruit du talent du peintre mais également celui du graveur sur bois et de l'imprimeur. Une fois dessinée par l'artiste, l'oeuvre est gravée sur bois ( une gravure pour chaque couleur ) et imprimée par couches successives. Dans le domaine de l'estampe, le graveur est celui qui reporte le dessin sur le bois et dont le nom n'apparaît presque jamais. L'auteur du dessin initial est, lui, désigné comme peintre lorsqu'il crée une oeuvre de grande dimension pour un kakemono. Mais qui est il lorsqu'il  conçoit une estampe? Il n'est rien: il est "ga" ( fait par...), il est une action, un travail, authentifié par son nom qu'il a porté en signature. La seule nuance qui puisse être établie relèverait à peu près de ce critère: un artisan crée tout ce qui est indispensable à la vie matérielle, un artiste crée tout ce qui est indispensable à la vie de l'esprit.

Particulière également est la notion de "multiple". L'idée selon laquelle une oeuvre d'art n'est originale que si elle n'existe qu'en un seul exemplaire est étrangère au Japon. Ce qui importe seulement, c'est d' "atteindre la cible", fût-ce à plusieurs siècles d'écart. Cette notion d'original et d'unique a longtemps nui aux estampes japonaises, tirées en plusieurs exemplaires et réalisées par trois artistes-artisans: le dessinateur, le graveur-sculpteur et l'imprimeur. Néanmoins, dans l'esprit des amateurs pour lesquels elles ont été réalisées, les estampes ont toujours été une création majeure.

 Les impressions originales sont celles qui ont le plus de valeur. Les impressions postérieures ( dont très souvent est absent le cachet de l'éditeur ) ont certe une valeur esthétique, historique et financière mais nettement moindre que les premières. Il est donc primordial, avant d'acheter une estampe, de connaitre son histoire et de maitriser les signatures, cachets et autres inscriptions qui permettent de parfaitement dater son impression et son authenticité.  

Vous trouverez donc ici, un historique de la vie d'Hiroshige, ses principales séries d'estampes, des informations sur ses éditeurs, sur ses signatures et cachets ainsi que des photos. Soyez indulgents car il m'est impossible de mettre tout et notamment les photos de toutes ses oeuvres ( plus de 8000 dont 5500 en couleurs ) mais possédant la documentation nécessaire, je suis en mesure de répondre à vos interrogations.

Bonne visite et j'espère que vous prendrez du plaisir sur ce site.